{"id":112,"date":"2007-04-24T09:54:54","date_gmt":"2007-04-24T07:54:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.univie.ac.at\/Geschichte\/salon21\/?p=112"},"modified":"2025-01-06T20:00:56","modified_gmt":"2025-01-06T20:00:56","slug":"statement-of-eliane-viennot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/?p=112","title":{"rendered":"\u00c9liane Viennot: \u00c9 possibile una sotria Europea delle donne? Tavola rotonda IV congresso nazionale della societ\u00e1 italiana delle storiche. Statement"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00c9 possibile una sotria Europea delle donne? Tavola rotonda IV congresso nazionale della societ\u00e1 italiana delle storiche. Statement <\/strong>*)<br \/>\n\u00c9liane Viennot<\/p>\n<p>*) This contribution will also be published in &#8222;Genesis. Rivista della Societ\u00e0 Italiana delle Storiche&#8220;.<\/p>\n<p>Je travaille depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es sur l\u2019exception fran\u00e7aise en mati\u00e8re de relations de pouvoir entre les hommes et les femmes, ce qui m\u2019a tr\u00e8s souvent conduite \u00e0 consid\u00e9rer les autres pays d\u2019Europe sous cet angle. Cette recherche a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 lieu \u00e0 la publication plusieurs articles et du premier volume d\u2019un ensemble qui para\u00eet sous le titre La France, les femmes et le pouvoir.[1] J\u2019aimerais pr\u00e9senter ici les origines de cette recherche, ses principaux r\u00e9sultats, et les d\u00e9veloppements qu\u2019elle ouvre au niveau europ\u00e9en.<\/p>\n<p align=\"left\"><strong>1. Origines<\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">Elles sont europ\u00e9ennes! C\u2019est en effet la publication, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, des statistiques de l\u2019UE concernant la proportion de femmes \u00e9lues ou nomm\u00e9es \u00e0 des postes de pouvoir, qui m\u2019a mise sur la voie de cette recherche. La France occupait alors la derni\u00e8re place (ex-\u00e6quo avec la Gr\u00e8ce), avec moins de 5 % de femmes parlementaires. Dans un pays si fier de sa devise Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9, et qui sortait de la c\u00e9l\u00e9bration du bicentenaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, le choc a \u00e9t\u00e9 rude; il a pr\u00e9cipit\u00e9 la mobilisation des f\u00e9ministes pour la parit\u00e9 en politique. La question du pourquoi? a occup\u00e9 une part des d\u00e9bats. Certaines f\u00e9ministes ont rappel\u00e9 que la France avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 le dernier des grands pays occidentaux \u00e0 accorder le droit de vote aux femmes (1944). D\u2019autres ont \u00e9voqu\u00e9 la loi salique, c\u2019est-\u00e0-dire propre \u00e0 la France (salique r\u00e9f\u00e8re aux Francs Saliens), selon laquelle les femmes, dans ce pays, ne pouvaient ni h\u00e9riter ni transmettre la Couronne. Y avait-il donc une sp\u00e9cificit\u00e9 fran\u00e7aise en la mati\u00e8re?<\/p>\n<p align=\"left\">J\u2019ai \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9e par ce questionnement, car je suis sp\u00e9cialiste de la Renaissance: une p\u00e9riode o\u00f9 les femmes se succ\u00e8dent au pouvoir! Mais o\u00f9, il est vrai, elles sont fortement contest\u00e9es, notamment \u00e0 travers le rappel de la loi salique. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, je me suis rendu compte que j\u2019ignorais presque tout du fond de l\u2019affaire: de quand datait exactement cette loi, quel en \u00e9tait le propos exact, etc. Et tr\u00e8s vite, j\u2019ai compris qu\u2019il existait un v\u00e9ritable tabou autour de cette histoire, car soit les livres d\u2019histoire n\u2019en parlent pas, soit ils colportent des erreurs, soit ils soutiennent des mensonges purs et simples. Il n\u2019existait en tout cas aucune synth\u00e8se sur un aspect aussi important de l\u2019histoire politique nationale, alors que la loi salique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e \u00abpremi\u00e8re loi fondamentale de l\u2019\u00c9tat\u00bb, qu\u2019elle a provoqu\u00e9 plusieurs guerres, qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 export\u00e9e dans plusieurs pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p align=\"left\">Cette recherche a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s longue et tr\u00e8s complexe. D\u2019abord en raison des strat\u00e9gies de masquage \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la plupart des \u00e9tudes. Ensuite en raison de mes incomp\u00e9tences: j\u2019ai d\u00fb remonter jusqu\u2019aux origines de l\u2019histoire de France et aborder des domaines tr\u00e8s diff\u00e9rents: les questions institutionnelles, mais aussi le droit, la religion, la culture, la famille \u2026<\/p>\n<p align=\"left\"><strong>2. R\u00e9sultats<\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">Je ne peux que r\u00e9sumer ici les principaux, et de mani\u00e8re tr\u00e8s sch\u00e9matique.<\/p>\n<p align=\"left\">2.1. Entre la fondation du royaume par les Francs et l\u2019\u00e9poque moderne, le nombre de femmes au pouvoir en France, leur vari\u00e9t\u00e9, l\u2019ampleur du consensus qui a permis cet \u00e9tat de fait et de droit, sont consid\u00e9rables. En ce qui concerne le pouvoir supr\u00eame, le haut Moyen-\u00c2ge, le Moyen-\u00c2ge central, le Moyen-\u00c2ge tardif et la Renaissance n\u2019ont cess\u00e9 de voir des femmes diriger des compt\u00e9s, des duch\u00e9s et le royaume lui-m\u00eame (une grosse quinzaine de femmes l\u2019ont gouvern\u00e9 entre le 5e et le 17e si\u00e8cle). Bien souvent, ces femmes exer\u00e7aient le pouvoir comme veuves, m\u00e8res d\u2019enfants mineurs; mais bien souvent aussi, elles l\u2019ont fait comme \u00e9pouses, et aussi comme h\u00e9riti\u00e8res \u2013 y compris certaines reines. Ces positions impliquent le plus souvent toute la gamme des pouvoirs, du politique au judiciaire, en passant par le militaire. Ce volet est de loin le plus \u00e9tonnant au regard des id\u00e9es re\u00e7ues en France, o\u00f9 tout le monde est persuad\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de femmes au pouvoir, sauf peut-\u00eatre Catherine de M\u00e9dicis. \u00c0 des niveaux moins \u00e9lev\u00e9s, on observe \u00e9galement un ample partage du pouvoir et des responsabilit\u00e9s, notamment dans le domaine du travail, de la culture et de la religion. Ceci est davantage connu.<\/p>\n<p align=\"left\">2.2. Un groupe est particuli\u00e8rement responsable de la contestation et du recul de cette situation: la clergie. Ce groupe tr\u00e8s particulier, qui est propre \u00e0 la Chr\u00e9tient\u00e9, a \u00e9merg\u00e9 au 12e si\u00e8cle et il a grossi au fur et \u00e0 mesure du d\u00e9veloppement des \u00c9tats, parce qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s recherch\u00e9 pour ses comp\u00e9tences en mati\u00e8re d\u2019administration et de propagande. Un pied dans l\u2019\u00c9glise et un pied dans l\u2019\u00c9tat, il a cr\u00e9\u00e9 les conditions de sa reproduction et de sa mont\u00e9e en puissance, \u00e0 travers la naissance des universit\u00e9s et la mise au point de plusieurs mesures destin\u00e9es \u00e0 en restreindre les d\u00e9bouch\u00e9s aux seuls hommes chr\u00e9tiens dot\u00e9s du statut de clercs; c\u2019est ainsi que les la\u00efcs (jusqu\u2019au 15e si\u00e8cle), les juifs (jusqu\u2019\u00e0 la fin du 18e), et les femmes (jusqu\u2019au 20e), ont \u00e9t\u00e9 exclus des parlements, des municipalit\u00e9s, des cours de justice, des universit\u00e9s, ainsi que de la plupart des emplois prestigieux \u2026 Parall\u00e8lement, ces hommes se sont attach\u00e9s \u00e0 justifier leurs actions et leurs positions par quantit\u00e9 de discours th\u00e9ologiques, philosophiques, historiques, politiques, scientifiques, litt\u00e9raires \u2026 C\u2019est \u00e0 leurs actions et \u00e0 leurs discours que l\u2019on doit la disparition des femmes m\u00e9decins, l\u2019affaiblissement progressif de la capacit\u00e9 juridique des femmes, la prol\u00e9tarisation du travail f\u00e9minin, la chasse aux sorci\u00e8res, le d\u00e9veloppement et la \u00abmunicipalisation\u00bb de la prostitution, la multiplication des textes \u00e9tablissant la n\u00e9cessaire domination masculine \u2026 et, en France, la mise au point d\u2019une r\u00e8gle successorale interdisant l\u2019h\u00e9ritage et la transmission de la Couronne par les femmes.<\/p>\n<p align=\"left\">Il est int\u00e9ressant de noter que la responsabilit\u00e9 de ce groupe n\u2019est quasiment jamais identifi\u00e9e dans les analyses historiques. Seuls les discours des clercs sont rep\u00e9r\u00e9s comme profond\u00e9ment misogynes, et les clercs sont constamment confondus avec \u00abl\u2019\u00c9glise\u00bb. Certes, la clergie en est historiquement issue, elle est culturellement tr\u00e8s redevable de ses autorit\u00e9s morales (la Bible, les P\u00e8res de l\u2019\u00c9glise), et elle est politiquement tr\u00e8s inspir\u00e9e par ses modes de gouvernance. Mais elle a tr\u00e8s vite diversifi\u00e9 ses autorit\u00e9s, par l\u2019adoption massive de r\u00e9f\u00e9rences pa\u00efennes (Aristote \u2026), et elle s\u2019est tr\u00e8s vite autonomis\u00e9e de l\u2019\u00c9glise: d\u00e8s qu\u2019il y a eu des charges la\u00efques en nombre, ce sont elles que les universitaires ont vis\u00e9es. La clergie est donc devenue la\u00efque (pour l\u2019essentiel), mais elle a maintenu ses id\u00e9aux dans tout ce qui \u00e9tait de son ressort: haute administration, justice, enseignement sup\u00e9rieur, commentaire de la vie publique \u2026 L\u2019\u00c9glise, pour sa part, a toujours \u00e9t\u00e9 travers\u00e9e de luttes entre ceux qui mettaient au premier plan l\u2019id\u00e9al religieux et ceux qui mettaient au premier plan l\u2019id\u00e9al masculiniste. \u00c0 diff\u00e9rentes p\u00e9riodes de son histoire, elle s\u2019est appuy\u00e9e sur des femmes pour se d\u00e9velopper, ce qui l\u2019a conduite \u00e0 restaurer ou \u00e0 conforter leur position, \u00e0 leur confier des responsabilit\u00e9s; c\u2019est l\u2019int\u00e9r\u00eat qui est \u00e0 la base de l\u2019alliance traditionnelle entre l\u2019\u00c9glise et les femmes.<\/p>\n<p align=\"left\">2.3. La clergie a \u00abs\u00e9vi\u00bb dans toute la Chr\u00e9tient\u00e9. Mais le royaume de France a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans sa configuration et son d\u00e9ploiement. D\u2019une part, c\u2019est en France que ce groupe semble, le plus vite, avoir eu du poids dans l\u2019entourage royal \u2013 notamment \u00e0 partir du r\u00e8gne de Louis VII, souverain \u00e9lev\u00e9 pour \u00eatre religieux; la r\u00e9pudiation de son \u00e9pouse, Ali\u00e9nor d\u2019Aquitaine, absurde d\u2019un point de vue g\u00e9opolitique, s\u2019explique parfaitement sous cet angle. C\u2019est donc en France que se sont exp\u00e9riment\u00e9es la plupart des recettes politiques et administratives mises au point par la clergie, qui ont permis au royaume d\u2019initier le plus t\u00f4t sa centralisation et de devenir le plus puissant d\u2019Europe. D\u2019autre part, c\u2019est l\u2019Universit\u00e9 de Paris (l\u2019une des deux plus anciennes d\u2019Europe) qui s\u2019est impos\u00e9e comme la plus performante dans la production d\u2019administrateurs. C\u2019est elle qui, durant plusieurs si\u00e8cles, a form\u00e9 la moiti\u00e9 des cadres dirigeants de l\u2019Europe \u2013 y compris ceux du Saint-Si\u00e8ge. C\u2019est en France, enfin, qu\u2019un pas suppl\u00e9mentaire a \u00e9t\u00e9 franchi, avec l\u2019expulsion du tr\u00f4ne de plusieurs princesses, au 14e si\u00e8cle, et l\u2019\u00e9laboration d\u2019une th\u00e9orie de la n\u00e9cessaire masculinit\u00e9 de la sph\u00e8re politique, au cours des deux si\u00e8cles suivants.<\/p>\n<p align=\"left\">2.4. Ce processus a \u00e9t\u00e9 au centre de ma recherche. J\u2019ai pu mettre en lumi\u00e8re la succession des ph\u00e9nom\u00e8nes qui ont conduit la France \u00e0 tourner le dos \u00e0 sa culture politique (celle de la pr\u00e9sence de femmes dans les cercles du pouvoir), \u00e0 se d\u00e9clarer diff\u00e9rente des autres pays europ\u00e9ens, \u00e0 s\u2019engager dans un tr\u00e8s long combat pour l\u2019alignement de ses pratiques sur le nouveau principe. Cette histoire serait trop longue \u00e0 \u00e9voquer ici, d\u2019autant qu\u2019elle est fort complexe. On doit n\u00e9anmoins noter les points suivants, fort significatifs:<br \/>\n&#8211; la succession en ligne strictement masculine n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 reconnue officiellement par aucun roi jusqu\u2019\u00e0 la fin du 18e si\u00e8cle, y compris les Bourbon, alors que leur arriv\u00e9e au pouvoir, avec Henri IV, s\u2019est appuy\u00e9e sur une campagne de propagande en faveur de la loi salique;<br \/>\n&#8211; le premier texte \u00e0 enregistrer au plus haut niveau l\u2019exclusion des femmes de la succession \u00e0 la Couronne est la Constitution de 1789 ; ce principe a ensuite \u00e9t\u00e9 repris par tous les r\u00e9gimes, explicitement ou implicitement, jusqu\u2019en 1944, o\u00f9 la participation des femmes \u00e0 la vie politique de la nation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e;<br \/>\n&#8211; la domination masculine a \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matis\u00e9e par le Code Civil de 1804, ou \u00abCode Napol\u00e9on\u00bb, qui est rest\u00e9 en vigueur (pour l\u2019essentiel) jusque dans le dernier tiers du 20e si\u00e8cle;<br \/>\n&#8211; le r\u00f4le leader de la France en la mati\u00e8re s\u2019est encore renforc\u00e9 \u00e0 cette occasion, puisque de tr\u00e8s nombreux pays se sont inspir\u00e9s du Code Civil fran\u00e7ais pour forger leur propre l\u00e9gislation \u00abmoderne\u00bb.<\/p>\n<p align=\"left\">2.5. La derni\u00e8re s\u00e9rie de r\u00e9sultats de cette recherche est relative \u00e0 la r\u00e9sistance de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la mise en \u0153uvre de \u00abl\u2019ordre masculin\u00bb. En France, les principaux opposants \u00e0 l\u2019id\u00e9al pr\u00f4n\u00e9 par la clergie ont \u00e9t\u00e9 des femmes: dans l\u2019entourage des reines et des grandes dames, dans les milieux cultiv\u00e9s la\u00efcs ou religieux. Elles ont fait \u00e9crire l\u2019histoire des femmes pour montrer que les restrictions auxquelles on les soumettaient \u00e9taient ill\u00e9gitimes, elles ont pass\u00e9 outre les interdictions, elles ont d\u00e9velopp\u00e9 des strat\u00e9gies pour contourner les obstacles ou l\u00e9gitimer le pouvoir f\u00e9minin. Beaucoup d\u2019hommes, aussi, ont marqu\u00e9 leur d\u00e9saccord (au-del\u00e0 des rois, qui ont longtemps \u00e9t\u00e9 les meilleurs champions des femmes!): des nobles, des courtisans, mais aussi des hommes d\u2019\u00c9glise, et m\u00eame des intellectuels. Cette r\u00e9sistance a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 la \u00abquerelle des femmes\u00bb, gigantesque pol\u00e9mique qui a couru du 15e au 18e si\u00e8cle dans une bonne partie de l\u2019Europe mais qui semble surtout avoir marqu\u00e9 la France. Il s\u2019est longtemps dit qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un jeu litt\u00e9raire, mais les d\u00e9gradations qu\u2019on observe parall\u00e8lement dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise montrent qu\u2019il n\u2019en est rien.<\/p>\n<p align=\"left\">Au-del\u00e0 de nos fronti\u00e8res, le d\u00e9bat sur la nouvelle r\u00e8gle successorale fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 suivi de tr\u00e8s pr\u00e8s par toutes les chancelleries europ\u00e9ennes, les cours, les intelligentsia, o\u00f9 il a suscit\u00e9 des partisans et entra\u00een\u00e9 des querelles, voire des guerres, sur la question de l\u2019adopter ou non. Quelques pays ont finalement adopt\u00e9 une r\u00e8gle de pr\u00e9f\u00e9rence masculine r\u00e9duite aux fr\u00e8res et aux neveux (abusivement appel\u00e9e \u00abloi salique\u00bb puisque la r\u00e8gle fran\u00e7aise consistait en l\u2019exclusion totale des femmes). Presque partout, cependant, c\u2019est la r\u00e8gle ordinaire de primog\u00e9niture m\u00e2le qui a \u00e9t\u00e9 maintenue. Parall\u00e8lement, il semble que le f\u00e9minisme fran\u00e7ais ait jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019instauration de l\u2019ordre masculin en Europe. Ainsi, le premier trait\u00e9 f\u00e9ministe connu, La Cit\u00e9 des dames de Christine de Pizan (1404), a \u00e9t\u00e9 traduit d\u00e8s le 15e si\u00e8cle en espagnol et en anglais. C\u2019est \u00e0 Paris qu\u2019a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour la premi\u00e8re fois la c\u00e9l\u00e8bre Dissertatio [\u2026] de capacitate ingenii muliebris ad scientiam d\u2019Anna-Maria van Schurmann (1638). De m\u00eame, le trait\u00e9 De l\u2019\u00e9galit\u00e9 des deux sexes de Fran\u00e7ois Poullain de la Barre (1673) para\u00eet avoir jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la radicalisation de la sc\u00e8ne anglaise \u00e0 la fin du 17e si\u00e8cle.<\/p>\n<p align=\"left\"><strong>3. Perspectives<\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">Ces r\u00e9sultats mettent en lumi\u00e8re, outre un pan de l\u2019histoire de France bien peu explor\u00e9 jusqu\u2019alors, le r\u00f4le probablement majeur de ce pays dans l\u2019accentuation de la domination masculine en Europe. Ils demandent \u00e9videmment \u00e0 \u00eatre affin\u00e9s. Ils demandent aussi \u00e0 \u00eatre prolong\u00e9s par des \u00e9tudes men\u00e9es dans les autres pays d\u2019Europe. Il conviendrait notamment d\u2019\u00e9tudier de plus pr\u00e8s<br \/>\n&#8211; la chronologie des changements institutionnels, qu\u2019ils concernent le pouvoir supr\u00eame ou l\u2019organisation des pouvoirs dans la soci\u00e9t\u00e9;<br \/>\n&#8211; les acteurs de ces changements et de la r\u00e9sistance \u00e0 ces changements, leurs r\u00e9seaux, leurs d\u00e9bats, leurs strat\u00e9gies;<br \/>\n&#8211; la circulation des livres, des id\u00e9es, des personnes;<br \/>\n&#8211; l\u2019exportation de la matrice europ\u00e9enne dans le reste du monde, via les empires et les colonies.<\/p>\n<p align=\"left\">C\u2019est un programme europ\u00e9en de recherche, \u00e0 vrai dire, qu\u2019il faudrait mettre en place sur cette question.<\/p>\n<p align=\"left\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">La France, les femmes et le pouvoir. 1. L\u2019invention de la loi salique (5e-16e si\u00e8cles), Paris, Perrin, 2006. <a href=\"https:\/\/www.elianeviennot.fr\/FFP-volume1.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">(Web)<\/a><\/p>\n<p>Zitation: \u00c9liane Viennot: \u00c9 possibile una sotria Europea delle donne? Tavola rotonda IV congresso nazionale della societ\u00e1 italiana delle storiche. Statement, auf: Salon 21 (24.04.2007), https:\/\/salon21.univie.ac.at\/?p=112<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9 possibile una sotria Europea delle donne? Tavola rotonda IV congresso nazionale della societ\u00e1 italiana delle storiche. Statement *) \u00c9liane Viennot *) This contribution will also be published in &#8222;Genesis. Rivista della Societ\u00e0 Italiana delle Storiche&#8220;. Je travaille depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es sur l\u2019exception fran\u00e7aise en mati\u00e8re de relations de pouvoir entre les hommes et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-112","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-round-table-e-possibile-una-storia-europea-delle-donne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=112"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/112\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":78835,"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/112\/revisions\/78835"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=112"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/salon21.univie.ac.at\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}